Chapelle de San Bernardo delle Forche

Chapelle de San Bernardo delle Forche   ,   via San Bernardo   ,   12084   Mondovì   (CN)   Italy

LES FRESQUES SUR LE MUR DE DROITE

 

MADONNINA DU LAIT
SAN GIOVANNI BATTISTA
SAN BARTOLOMEO
SANTA MARIA MADDALENA
SAN TOMMASO
SAN CRISTOFORO

La première fresque à gauche est celle de la Madonnina del latte (fig. 1), qui est à mon humble avis la plus belle et qui, à elle seule, rendrait amplement la visite de la chapelle pour son extraordinaire beauté et sa simplicité.

Si le tableau de S. Croce a Mondovì ; Piazza, exécuté par le même artiste, est un hymne triomphal à la majesté du Christ et à sa Passion, celui de S. Bernardo est un harmonieux et chanter tendrement la maternité de Marie.

La salutation dantesque de saint Bernard : "Vierge mère..." trouve sur ses murs un humble et haut témoignage d'humanité et de poésie dans les figures de la Vierge, représentée dans l'acte d'amour de l'allaitement de l'Enfant Jésus.
La Madonnina del latte que l'on peut admirer sur le mur de droite, rappelle la "galakto-trophousa" grecque des icônes slaves, mais le collier avec le pendentif de corail accroché à la poitrine de l'Enfant, fait écho aux manières nordiques-provençales.
Le trône reprend dans son dessin et ses couleurs celui du polyptyque de Molini di Triora et des autres cycles déjà mentionnés.
La verticalité de la figure, le mouvement sinueux des plis du manteau donnent à ce tableau une grâce et une élégance touchante et très solennelle à la fois.
Dans la fresque ci-dessous, il y a beaucoup de graffitis (fig. 8).


. Après le panneau de la Madonnina del latte, dans une petite boîte au-dessus de la fenêtre, on trouve une iconographie récurrente dans les chapelles, celle de S. Jean-Baptiste (fig. 2), également peint à une époque plus tardive et nous dirions plutôt mal par rapport à d'autres œuvres.

Ceux qui présentent un intérêt sont les trois panneaux suivants (fig. 3), qui, même s'ils sont très abîmés, montrent a encore bien défini les chiffres (à partir de la gauche de S. Bartholomew (fig. 4), S. Marie-Madeleine (fig. 5) et S. Thomas (fig. 6).

Si ces saints n'étaient pas reconnaissables par leur iconographie traditionnelle, (St. Barthélémy tenant le couteau avec lequel il a été écorché, la Madeleine avec le bocal d'arômes pour l'embaumement du corps du Christ, S. Thomas avec l'index de sa main droite tendu pour toucher le fléau du Christ) suffiraient les invocations graphite des fidèles sur leurs manteaux pour les détecter.

Le dernier panneau représente l'iconographie de S. Christopher (fig. 7) : une image géante qui s'incline à un long bâton pour porter l'enfant Jésus sur ses puissantes épaules de l'autre côté de la rivière.
Cette figure était presque toujours peinte en très grand format sur le mur extérieur des églises et des chapelles, être vu de loin par le voyageur ou le pèlerin qui passe, mais qui est aussi peint à l'intérieur et généralement vers la droite en entrant, comme dans la chapelle de Saint-Bernard de la Fourche.
La croyance populaire voulait qu'une personne ne meure pas d'apoplexie ou de tout autre accident soudain, le jour où il a vu l'image du Saint.

Voici quelques uns de ces dictons populaires colorés :


  • Si Christophorum videas, securus cas
  • Qui te mane videt, nocturno tempore ridet
  • Christophori faciem quicumque in luce videris, isto namque die non morte mala morieris
  • Xphore qui portasti grandem et fortem defende me ab omni periculo et mala morte
  • Christophorus grossus portabat Christum addossus et passabat aquas sine bagnare braccas

Dans la chapelle de Saint-Bernard, comme éléments de comparaison pour l'attribution au maître Antonio, on trouve la figure de la Vierge, très proche de celle de Campochiesa, tandis que le visage du Christ rappelle celle du Christ de la Miséricorde de la Cuspide dans le polyptyque du Montata.

La date d'exécution des fresques se situe vers 1473 et nécessairement avant 1478, graphite de date sur le manteau de Saint-Thomas.

(*)   réf. BIBLIOGRAPHIE